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Thursday, November 29, 2012

Rien (France Culture)

Rien (Adèle Van Reeth; Les nouveaux chemins de la connaissance; France Culture; 26-29 Nov 2012)


1. Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (26 Nov 2012) 58' [MP3]
avec: Francis Wolff, professeur de philosophie à l'ENS-Ulm
A quoi tu penses ? A rien. C’est donc que tu penses à quelque chose, sinon tu me répondrais, simplement : je ne suis pas en train de penser, ce qui est impossible. Le rien, ce sont les vagues de l’esprit qui, certes, pense, mais sans savoir à quoi il pense. Tout comme l’absence est le signe d’une présence qui manque, le rien est un mot qui désigne une chose qui s’ignore : un rien me fait chanter, un rien me fait danser, et quand je ris pour rien, je ris sans raison, et c’est déjà beaucoup.
Si le rien n’est rien, et si la pensée est toujours pensée de quelque chose, alors le rien est impensable, inimaginable même.
Penser le rien, c’est une manière pour la raison de se confronter au plus gros défi qui soit, et ce sera l’enjeu de cette semaine.
Demain, Bruno Clément viendra nous parler de la mise en scène du rien dans l’écriture de Samuel Beckett, mercredi, Céline Denat nous expliquera le nihilisme nietzschéen et c’est Simone Mazauric, qui vous relatera jeudi les épisodes scientifiques et conceptuels passionnants de la querelle du vide.
Mais pour l’heure, préparez-vous à affronter la question métaphysique par excellence, celle qui fait pâlir la raison et trembler les concepts : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien.

2. Beckett, faire du rien un théâtre (27 Nov 2012) 58' [MP3]
avec: Bruno Clément
Le 23 octobre 1969, L’académie suédoise décerne le prix Nobel de littérature à Samuel Beckett, auteur de l’innommable et de Fin de partie : pour certains, resté anonyme, il s’est contenté de mettre le rien en mots, de bâtir une œuvre qui se répète sans fin. Pour d’autre, comme Maurice Blanchot, Beckett n’eut ni à accepter ni à refuser un prix qui ne couronnait spécialement aucune œuvre, car il n’y a pas d’œuvre chez Beckett.
L’œuvre de Beckett est une ruine du discours, et qui pourtant sait faire rire, et s’il agace, c’est parce qu’il est honnête : tout est là, devant nous, tout le temps, et ce tout est un si petit rien qu’une vie d’écriture ne suffirait à le dire.

3. Les deux nihilismes de Friedrich Nietzsche (28 Nov 2012) 58' [MP3]
avec: Céline Denat (philosophe, maître de conférence à l'Université de Reims et membre du groupe Groupe international de Recherches sur Nietzsche sous la direction de Patrick Wotling)
C'est aujourd'hui le troisième temps de notre semaine consacrée à penser le rien, et c'est en compagnie de la philosophe Céline Denat que nous allons osculter, un marteau dans une main, une fiole médicinale dans l'autre, ce mal de vivre que l'on nomme nihilisme et que Nietzsche perçoit comme le symptôme d'une modernité européenne rongé par le "sentiment creusant du rien".

4. La Nature a-t-elle horreur du vide? (29 Nov 2012) 58' [MP3]
avec: Simone Mazauric
Même le rien a une fin : après Pourquoi y’a-t-il quelque chose plutôt que rien, Beckett qui écrit pour mettre le rien en mots et le nihilisme de Nietzsche, c’est aujourd’hui le dernier jour de notre semaine consacrée au rien, et c’est la philosophe Simone Mazauric qui vient pour l’occasion vient vous relater les enjeux de la querelle du vide qui révolutionna entre 1645 et 1648, les conceptions métaphysiques et scientifiques des savants du 17ème siècle.


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Ensō () est un mot japonais signifiant "cercle" et un concept specialement associé avec le Zen.
Ensō est un des sujets les plus répandus de la calligraphie japonaise même si c'est un symbole et non une lettre calligraphique. Il symbolise illumination absolue, force, élégance, l'univers, et le vide; il peut aussi symboliser l'esthétique japonaise elle-même. En tant qu' "expression de l'instant" il est souvent considéré une forme de l'art expressioniste minimaliste. (Wikipedia)



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